Enseigner en secondaire avec les Intelligences Multiples

Les intelligences multiples apparaissent très doucement dans l’enseignement secondaire. La plupart du temps, elles sont liées à la volonté d’un enseignant au sein de son établissement scolaire. Dans certains pays comme le Canada, la France et la Belgique, la théorie d’Howard Gardner a été prise en compte dans l’élaboration du projet d’établissement.

La théorie de Gardner peut être utilisée au sein d’une classe, d’un établissement ou à domicile dans l’aide aux devoirs. Si les trois niveaux sont intéressants, il est plus efficace de travailler à l’échelle de l’établissement.

Cependant, transformer l’enseignement d’une école dite traditionnelle en un enseignement multiple est difficile. En effet, il faut non seulement des professeurs motivés et compétents, mais aussi des salles de classe aménagées et une culture de l’apprentissage et de l’évaluation différente.

Les atouts

Tout en respectant un cadre fixé par le Ministère de l’éducation, les intelligences multiples apportent de nombreuses solutions aux difficultés rencontrées par les enseignants et les élèves.

Au niveau des professeurs :

  • Cette méthode d’apprentissage est un outil simple à utiliser qui n’ajoute pas spécialement de contraintes supplémentaires qui complexifieraient l’élaboration d’une séquence de cours.
  • Les intelligences multiples donnent la possibilité aux enseignants de diversifier leurs cours.
  • Elles règlent en partie les problèmes de motivation des élèves.

Au niveau des apprenants :

  • Les intelligences multiples accroissent la motivation des élèves en diversifiant les activités pédagogiques et en apportant une solution aux difficultés des élèves.
  • Elles augmentent le plaisir des élèves en mobilisant leurs intelligences dominantes et en les rendant plus actifs au sein du processus d’apprentissage.

Les difficultés

La principale difficulté se situe au niveau de la compétence des enseignants. En effet, pour intégrer les intelligences multiples au sein de son cours, l’enseignant doit pouvoir proposer des activités, des outils qui correspondent à chacune des intelligences.

S’il n’y a aucun problème au niveau des intelligences scolaires (linguistique et logico-mathématique), il n’en va pas de même pour les autres intelligences.

En effet, les activités pour mobiliser l’intelligence visuo-spatiale sont nombreuses mais souvent mal connues par les enseignants (schématisation, mandala, carte mentale, sketchnoting, storytelling,…).

L’intelligence kinesthésique, quant à elle, est souvent mobilisée lors d’une activité visuo-spatiale ou interpersonnelle. Cependant, d’autres outils existent : le théâtre, l’impro, le mime,…

L’intrapersonnel a très peu de place dans le monde scolaire et dans la formation initiale des enseignants. Cependant, les outils sont nombreux : autolouange, ennéagramme, théorie du choix, techniques d’impact, outils de coaching.

En classe, l’intelligence interpersonnelle se limite souvent à des travaux de groupe qui sont occasionnels. Deux outils importants existent pour recourir régulièrement à l’intelligence interpersonnelle : l’apprentissage coopératif et les jeux-cadres de Thiagi. Comme les autres techniques, elles nécessitent une formation des professeurs.

Pour terminer, étant donné que les outils n’existent que très peu, les intelligences environnementales sont plus compliquées à intégrer. La plupart du temps, on se limitera à mettre en place une ambiance de cours constructive et agréable.

Ce qui est déjà fait

À l’heure actuelle, les intelligences multiples sont plus utilisées au Québec. En Belgique et en France, différents formateurs essayent de les intégrer dans les écoles. La plupart du temps, le manque de moyens et le peu de temps de formation ne permettent pas d’avoir un réel impact sur les pratiques de ces établissements.

 

Des formations existent pour aller plus loin