L’intelligence intrapersonnelle

Mobiliser l'intelligence intrapersonnelleSavoir qui on est, connaître ses forces et ses faiblesses, se fixer des objectifs que l’on souhaite atteindre et déterminer les stratégies pour atteindre notre but sont de réels moteurs pour l’apprentissage d’un enfant. Parfois, ce dernier a une difficulté à définir qui il est et comment il peut agir. À cette fin, de nombreux outils existent.

L’autolouange

Mobiliser l'intelligence intrapersonnellePratique ancestrale, remise au goût du jour par Kabuta et Marie Milis, l’autolouange est un outil formidable qui donne la possibilité à son auteur de regonfler son estime de lui.

  • Jean Kabuta, professeur de linguistique et de littérature à l’université de Gand et écrivain, a ramené cette pratique dans notre pays.
    • Marie Milis, enseignante, a eu quant à elle le grand mérite d’introduire cet outil dans le monde de l’école. Un merveilleux outil qui soigne les blessés de l’apprentissage. Il agit sur la conscience et l’estime de soi.

À partir d’un objet de départ : une photo, un objet du quotidien, un paysage,… l’auteur se met à le décrire. Il ne s’agit pas d’une œuvre littéraire. Il laisse sa pensée se promener et inscrire les mots sur sa feuille. La description comportera automatiquement des qualités : cet arbre est fort parce qu’il est chatoyant,…

Dans un second temps, l’autolouange va s’appuyer sur les qualités de l’auteur qui indiquera avec sa plume en quoi il est plus fort, plus chatoyant,… À cette fin, il doit s’exprimer en « je », ne pas mentir et amplifier les propos.

L’exercice peut être difficile dans une société où le compliment se fait rare. Il ne s’agit pas de dire qu’on est le plus fort du monde mais de prendre conscience que l’on n’est pas aussi faible que ce que l’on pensait.

Voici un exemple d’autolouange qui a été fait à partir d’une image représentant un animal. Le texte n’a pas été retravaillé, ni corrigé, l’objectif étant de montrer que la forme a peu d’importance.

« Bonjour je suis le bonhomme Panda je suis imposant et discret. Je me cache souvent dans un arbre. Les mauvaises langues diraient que je suis là uniquement pour combler mon estomac. Ce n’est pas faux mais pas vrai non plus. J’aime observer. Mes yeux et la zone noire qui les entoure donne l’impression à tout le monde que je suis endormi et que je ne fais rien. C’est faux, c’est du camouflage en effet j’aime observer tout le monde. Le plus discrètement possible j’aime analyser les comportements de chacun et réfléchir. Réfléchir c’est aussi très important pour moi. Ce n’est pas parce que je bouge peu que je ne suis pas en pleine action….intellectuelle. A côté de cela j’aime bien Profiter de ma stature afin d’impressionner, de protéger les autres…j’aime rouler des mécaniques mais toujours pour le bien de mes proches.

Réfléchir c’est quelque chose que je fais tout le temps matin midi et soir et même la nuit. C’est une drogue. Cela rend peut être ma vie fatiguante mais cela me permet d’être actif et efficace. A mon âge, faire le parcours que je fais sans réfléchir est impossible. Je peux dire Renaud que j’ai réussi parce que je réfléchis et j’observe.

Sans ma capacité d’observation et d’analyse je n’aurais pas réussi. J’étudie mes concurrents : qui ils sont, ce qu’ils font, ce qu’ils ne font pas. J’analyse le public : quelles sont leurs besoins ? Cette observation est cruciale si je veux pouvoir agir, réussir et aider les autres.

Et oui, on pourrait croire que je suis égoïste, que je suis centré sur ma réussite ce n’est pas tout à fait faux mais pas tout à fait vrai parce que mon objectif premier est d’aider celui qui est dans le besoin, l’amener à avoir un parcours scolaire heureux et à réussir. A cette fin, j’utiliserai tous mes atouts, toutes mes compétences, sans compter parce que l’autre, il le vaut bien. »

L’art thérapie

L’art-thérapie est une méthode qui vise à s’appuyer sur le potentiel d’expression artistique et la créativité d’une personne à des fins psychothérapeutiques ou de développement personnel. Dans l’environnement qui est le nôtre, à savoir le contexte pédagogique, notre objectif n’est pas thérapeutique.

Cette discipline fournit un nombre incalculable d’exercices favorisant l’introspection et le développement personnel. Tantôt linguistique, tantôt visuo-spatial, chaque personne intéressée trouvera des produits à réaliser qui leur parleront.

Les techniques d’impact

Issues du monde du marketing, les techniques d’impact ont pour but d’attirer le regard et de développer un intérêt. Mobilisant les sens, elles consistent en de petites expériences visuelles permettant de faire passer un message sur le sujet souhaité.

– Pourquoi est-il important d’apprendre ?

– En quoi as-tu de la valeur ?

– Pourquoi est-il important de respecter l’autre ?

Dr. Beaulieu a élaboré une série d’outils thérapeutiques et de techniques d’impactantes. Ces dernières s’inspirent de la thérapie d’impact de Jacobs1.

La thérapie d’impact est une thérapie brève qui intègre les dernières connaissances sur la mémoire, la gestion des émotions et qui combine les théories et pratiques de différentes approches, soit : la psychologie positive, l’approche émotivo-relationnelle, l’analyse transactionnelle, la thérapie orientée solution, la programmation neuro-linguistique, la Gestlat et la thérapie réalité.

 

L’approche est davantage utilisée dans le monde du marketing. Beaulieu définit 9 principes :
• Utilisation de l’ensemble des sens : une information qui est présentée de manière à mobiliser l’ensemble des sens sera mieux intégrée qu’une connaissance qui ne fera appel qu’à un seul sens. La mémoire multisensorielle est beaucoup plus forte que la seule mémoire verbale.
• Ancrage dans le connu : une nouvelle connaissance sera d’autant mieux assimilée qu’elle sera reliée à des savoirs acquis préalablement.
• Utilisation des émotions significatives : une connaissance chargée émotivement de manière positive ou négative sera mieux intégrée qu’une information n’ayant aucun impact émotionnel.
• Principe de l’intérêt : l’esprit est attiré par la nouveauté car elle est source de risques et apporte la possibilité de faire des choix.
• Plaisir : la mémorisation est d’autant plus efficace qu’elle apporte du plaisir tant par le sujet que par l’activité.
• Importance des associations : une information isolée est plus difficile à acquérir que des informations que l’on peut relier entre elles.
• Travailler sur du concret : afin de favoriser un apprentissage positif, il faut baser l’apprentissage sur des éléments tangibles qui sont souvent la source du problème (compétences). Par exemple, l’incompétence d’un élève est souvent liée à un problème au niveau du comportement : absence d’actions ou inappropriées. L’élève et/ou l’enseignant agiront sur les actions.
• Voir pour mieux comprendre : pouvoir visualiser positivement le résultat d’une action avant de la faire facilite la démarche de l’individu. Selon les recherches, 60% des informations qui parviennent au cerveau proviennent de la vue.
• Pouvoir de la simplicité : au plus une information est expliquée simplement, au mieux on la retiendra. Une définition longue et comprenant un vocabulaire spécialisé posera problème à l’apprenant.

Le principe global de la thérapie d’impact est que l’expérience est plus forte que le plus long des discours. Créer une expérience nouvelle permet d’éclaircir l’esprit. À cette fin, Beaulieu propose des techniques d’impact, des petites activités qui durent quelques minutes mais qui vont directement IMPACTER l’apprenant par des propositions souvent très visuelles. La plupart du temps, elles s’appuient sur l’utilisation d’objets, d’images, de métaphores ou de mouvements qui ont pour but de faire réfléchir l’élève sur les problématiques qui le concernent telles que l’estime de soi, la mémorisation,…
Chaque activité agit sur l’inconscient. Elle entraînera un ressenti, utilisera la mémoire qui fait appel à l’intuition et à l’implicite.

Afin de favoriser la mémoriser de l’activité, nous devons faire appel à des éléments connus.

 

La théorie du choix

Quels sont les besoins de l’élève ? Nous pourrions présenter encore une fois la pyramide de Maslow. Il nous semble cependant plus pertinent de présenter les besoins définis par Glasser, psychiatre américain et auteur de la Thérapie de la réalité et de la Théorie du choix. Cette théorie n’est rien sans l’apport de Francine Bélair, psychologue pour enfant de formation initiale pour la mise en pratique de ses théories.

Selon la Théorie du choix, l’homme n’a pas d’autres choix que de mener tout au long de son parcours de vie des démarches visant à équilibrer 5 types de besoin. Pour Glasser, ces derniers constituent de véritables instructions génétiques et orientent nos choix.

Il distingue 4 besoins psychologiques (l’appartenance, le pouvoir, le plaisir et la liberté) et un besoin physiologique (la survie) :

L’Appartenance à une multitude de groupes qui nous donnent la possibilité de nous retrouver en partie au niveau de notre culture, de nos valeurs, de nos intérêts,… Ce besoin entraîne le développement de comportements coopératifs.

Le Pouvoir est la nécessité qu’a l’individu à se réaliser et à être reconnu pour son parcours, ses compétences. L’homme a besoin d’exercer une emprise sur son environnement et sur son corps. Il développe des comportements de compétition afin de répondre à ce besoin.

Le Plaisir depuis sa naissance, l’homme en devenir apprend avec le jeu. Le plaisir lui donne la capacité d’intensifier ses efforts et de découvrir de nouveaux apprentissages.

La Liberté de faire des choix. L’homme a le besoin de penser, de décider de ses actions, et ce quelles que soient les conséquences. Par cette démarche, il développe des comportements de responsabilité.

La Survie est le premier besoin qui s’appuie sur la réponse aux nécessités biologiques (boire et manger), au souci d’être en sécurité et à la volonté de vivre.